Littérature et développement

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La littérature africaine existe bel et bien. On n’en doute plus. De la littérature orale (sujet intellectuel collectif) à la littérature écrite (sujet intellectuel individuel), les oeuvres foisonnent et deviennent matière d’investigation. Dans cette optique, Bernard Mouralis (1) a fait de la littérature africaine d’expression française un objet de recherche scientifique. L’auteur va donc discuter la question de la « spécificité des textes produits en Afrique noire ». Ce qui exige la définition du « niveau auquel on doit opérer pour situer cette éventuelle spécificité et décider, en particulier, si celles-ci doit être recherchée au niveau des textes littéraires ou dans la réalité historique et sociale de l’Afrique noire ». Dans cette perspective, Mouralis essaie de préciser certains aspects de cette même réalité, privilégiant une démarche plutôt fondée sur « la confrontation d’un certain nombre d’éclairages » que sur la mise en exergue des déterminismes ou d’un certain type de causalités. A partir de ce choix, il fait appel à la sociologie et à l’histoire pour expliciter le fait colonial, surtout dans sa dimension idéologique - discours et supports institutionnels, voire l’école - et aboutir, ainsi, au fait culturel colonial. Celui-ci ne sera, en effet, qu’une sous-culture, mais suffisamment porteuse d’initiatives (pour des raisons politiques) pour avoir des effets négatifs sur la production littéraire africaine. Parce que le fait culturel colonial aura de l’emprise sur la vie culturelle et littéraire africaine, l’idéologie nationaliste aura comme expression - entre autres - l’oeuvre littéraire et le discours sur cette même production ; ce dernier jouant le rôle de « conscience littéraire ». Pour mieux nous faire comprendre cette problématique, l’auteur va donc se pencher, d’une part, sur ce qui est accepté comme littérature africaine, et qui, échappant aux contraintes de la culture coloniale par des procédés divers, s’exprime à travers une multiplicité de styles et de contenus (le « réseau des textes ») ; d’autre part, il étudie la pluralité des discours dont l’objectif fut d’assigner à cette littérature un rôle, de définir sa nature et de rendre efficace dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme (courants panafricain, afro-asiatique et tricontinental). Ce long itinéraire, à détournements multiples pour les besoins de la cause scientifique, aboutit finalement à cette constatation : « Le caractère fondamental de la littérature africaine nous paraît en effet devoir être situé, pour l’essentiel, dans ce processus très particulier (...) qui se traduit par la production conjointe de textes proprement littéraires, d’une part, et d’un discours volontariste et prospectif, d’autre part, destiné à préciser ce que doit être la littérature africaine. » Mais, nuance Mouralis, la réponse des écrivains africains à cette « conscience littéraire » n’est que partielle, malgré leur engagement politique. Et c’est bien. Puisque cette situation renvoie au problème de l’autonomie de la production littéraire. Celle-ci étant entendue comme pratique autre, qui fait de l’écrivain un sujet dans la « cité ». A la fin de notre lecture, il reste un goût de curiosité qui ne peut être assouvi que par de nouvelles recherches. Et puisque toutes les grandes synthèses ont été le produit de la multiplicité de regards sur un même objet, ce livre vient à son heure.

Référence: 709
isbn: 
2-903871-52-3
titre: 
Littérature et développement
Poids: 901 lb
Parution: 
1984
Nombre de Pages: 
572
Poids: 
901.00
Nom Auteur: 
MOURALIS
Prénom Auteur: 
Bernard
Pays: 
France
Rang: 
6
Editions: 
Reliure: 
Cousu
Collé